Mon échange à Christ University

Bonjour, je m’appelle Madeleine, je suis en troisième année en échange universitaire en Inde, à Bangalore pour un an. J’étudie à Christ University.

Je souhaitais partir dans un pays dont la culture était vraiment différente de celle de la France : style de vie, religion(s), etc. L’Inde a toujours été un pays qui m’attirait. J’ai eu la possibilité de partir un an alors j’ai voulu tenter une expérience un peu folle !

Des vaccins sont conseillés mais pas obligatoires. J’ai préféré être sereine en partant et faire un maximum de vaccins : hépatite A, rage, fièvre typhoïde, encéphalite japonaise. Mais j’y suis allée un peu fort je pense.

En ce qui concerne le visa, après avoir rempli le formulaire de demande en ligne si tu as tout les documents nécessaires, tu obtiens rapidement ton visa : learning agreement, lettre d’acceptation officielle de l’université d’accueil (donc elle peut mettre un petit moment à arriver), attestation de la banque des parents qui affirme qu’ils peuvent me financer à hauteur de 500euros par mois minimum, …

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Pour les premiers jours, Un chauffeur de l’université est venu nous chercher à l’aéroport, Thomas et moi. On découvre l’environnement dans lequel nous allons vivre durant les dix prochains mois : un conducteur sur sa moto avec femme et enfants, avec ou sans casque (un casque de chantier peut faire l’affaire aussi). Aussi, il n’y a aucune règle de conduite, c’est la loi du plus fort ! Les rues sont très agitées : beaucoup de monde et de circulation. Ça grouille de partout et il y a tellement de klaxons que j’ai l’impression qu’il y a un mariage dans toute la ville.

Nous avons d’abord été logés dans dans des chambres d’invités puis j’ai du aller à la résidence pour filles. Christ nous a obligé à payer deux mois de loyer à l’université (200 euros par mois) afin d’obtenir la lettre d’acceptation pour le visa … donc on n’avait pas trop le choix.

La résidence pour filles est très stricte : couvre-feu à 21H15 (oui oui c’est bien vrai !). Si je voulais sortir le soir, j’étais obligée de dormir ailleurs, mais au moins j’avais ce choix là. En effet, les indiennes qui logent dans la résidence doivent passer devant un scanner tous les matins et soirs pour vérifier qu’elles aient bien dormi sur place…

J’ai bien évidemment décidé de trouver un logement rapidement. On peut passer par un agent immobilier ou chercher tout seul : groupes Facebook et affiches devant les immeubles.

Beaucoup d’appartements ne sont pas meublés ce qui est un peu embêtant.

J’ai trouvé mon appartement par un français qui quittait l’Inde à qui j’ai donc récupéré la chambre dans une collocation à 3. Je paye 200 euros par mois mais j’ai dû verser une grosse caution d’environ 1200 euros ! Beaucoup de propriétaires réclament des cautions très élevées…

Concernant l’université Christ University accueille énormément d’étudiants puisqu’elle offre des cours spécialisés aussi bien en droit, sciences, Arts, commerce, communication, etc. Le campus est très grand et agréable.

La manière d’enseigner est bien différente de celle de l’IÉSEG : 65-70 élèves dans ma classe, cours purement théoriques, très peu de projets de groupe.

Il y a très peu d’exchanges : nous sommes trois français (dont deux de l’IÉSEG). Sinon, il y a des étudiants étrangers qui effectuent l’intégralité de leur scolarité à Christ. Ils viennent principalement d’Afrique ou de pays d’Asie.Il n’y a pas de Club International.

Au quotidien, Je vais en cours la journée puis je me repose ou j’essaye d’aller à la salle de sport. Ici, on ne peut pas faire de jogging dans la rue : trop de pollution et le béton est endommagé, il faudrait tout le temps regarder là où on met les pieds !

Je sors assez souvent en semaine. A Bangalore, il y a beaucoup de bars restau rooftop très sympas pour sortir le soir.

Pour le coût de la vie, je prends un uber pool pour aller en cours et j’en ai entre 1euro et 1,20 euros pour 40 min de trajet, ce qui est plutôt honnête ! On peut manger à l’indienne dans la rue pour moins de 1euro, aller dans un bon restau pour 7euros.

En collocation à 3 dans un grand appartement avec ma propre chambre je paye 200 euros par mois (tout inclus). Un paquet de 20 cigarettes coûte 3 euros.

Ici, en tant qu’expat, on vit clairement comme des rois ! Je prends le taxi tous les jours, je peux m’autoriser de nombreuses sorties dans des restau/bar et voyager!

Bangalore est très bien situé : pile au centre dans le sud de l’Inde donc si je ne veux pas rester à Bangalore le week-end, je peux très bien prendre un bus ou un train de nuit pour 6€ et arriver le lendemain matin à l’aube sur les plages de Goa à l’ouest, à Hampi voir les ruines de temples hindous un peu plus au nord, dans les montagnes de Kodaikanal plus au sud, bref, tout est facilement accessible.

Ce qui me plait le plus dans cet échange, c’est l’ambiance de la ville. On peut mettre du temps à s’y faire avec toute la pollution et la circulation mais finalement on finit par aimer cette agitation constante où se mêlent petits marchands ambulants, food-trucks, vaches, chèvres, chiens. Pour tout ce qui est bar restau, l’endroit idéale est le quartier d’Indiranagar.

J’aime beaucoup aussi voyager en train : loin du confort des trains SNCF mais tellement plus de vie ! Des marchants ambulants passent de wagon en wagon pour vendre du thé, café, samosas, fleurs, etc. Les indiens sont très curieux et n’hésiteront pas à vous poser des questions.

Un de mes voyages préférés fût au mois d’octobre, mon père m’a rejoint et nous sommes partis découvrir le nord de l’Inde. Notre première étape était Varanasi.

C’est une ville à l’ambiance assez particulière puisqu’elle est connue pour être la ville des morts.

Elle est traversée par le fleuve sacré, le Gange. Les hindous très croyants viennent mourir à Varanasi. Les corps sont transportés sur des brancards accompagnés des proches qui chantent et jouent du tambour jusqu’à la zone de crémation.

Les cendres (ou les corps à moitié brûlés faute d’argent pour acheter suffisamment de bois) sont versées dans le Gange qui purifie l’âme de la personne. La spirale de la réincarnation est stoppée et la personne peut rejoindre directement le nirvana.

Autrefois, les veuves se jetaient dans les flammes pour mourir avec leur mari (la femme ne représente rien sans mari) mais désormais la zone de crémation est interdite aux femmes.

La ville est remplie de ruelles étroites où il est agréable de s’y perdre. Il y a aussi beaucoup beaucoup de vaches ! Le soir, des cérémonies religieuses sont organisées par les brahmans (prêtres hindous). C’est un véritable spectacle : tous les soirs des milliers de personnes se rassemblent pour assister à la cérémonie au bord du Gange.

J’avais l’impression de faire un voyage dans le passé à l’époque de l’Antiquité.

Mon conseil pour se plaire en échange en Inde est qu’il faut bien différencier vivre dans le pays et voyager dans le pays. Vivre en Inde n’est pas toujours facile. Il faut apprendre à être patient avec les autres et avec soi-même. Quelqu’un qui décide de partir en Inde, un pays complètement différent, doit être assez aventureux, pas prise de tête et aimer l’imprévu.

J’allais presque oublier d’évoquer mon ressenti par rapport à la sécurité des femmes. A Bangalore, je ne me sens vraiment pas en danger, pas plus qu’en France. Bien sûr, il faut faire attention, comme partout ailleurs mais je n’ai jamais eu de problème (je ne porte pas de jupes mais on peut voir parfois des femmes en porter).

Il faut savoir que Bangalore est une ville du sud de l’Inde et les mentalités sont bien différentes entre le nord et le sud. Je m’en suis rendue compte en voyageant dans le nord avec mon père (Varanasi – Agra et le Rajasthan) et je ne sais pas si j’y serais allée seule. Le regard des hommes est beaucoup plus insistant et j’ai eu l’impression, notamment à Agra, qu’il n’y avait quasiment que des hommes dans la ville !

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Après, de manière générale, les indiens que je rencontre sont souvent un peu lourds mais ce n’est pas compliqué de s’en débarrasser.

Au niveau de l’eau et de la nourriture, je ne bois pas l’eau du robinet et je mange de tout. Je suis rarement malade ou alors j’ai fais quelques réactions bizarres (spasmes) et réaction allergique au soleil lorsque je suis allée à Hampi.

Voilà pour mon échange, n’hésitez pas à commenter cet article si vous avez la moindre question !

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Un commentaire

  1. Hello Madeleine,
    Très bon article merci 🙂 j’habite à Bangalore et avec une amie indienne on veut créer une plateforme pour aider les étudiants français qui viennent en échange notamment pour le logement, ce serait top de pouvoir discuter avec toi pour en savoir plus sur ton expérience, on habite juste à côté de Christ University en plus!
    Peux-tu m’envoyer un mail à l’adresse urbadrian@hotmail.com stp?
    a+
    Urbain

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